Sernancelhe, Pays de la Châtaigne

Lapa, Châtaigne et Aquilino Ribeiro

 

Sernancelhe est une circonscription riche dans sa diversité: montagne, vallée, fleuve et paysages extraordinaires.

ENCADREMENT REGIONAL

Située dans la Région Centre-Nord du Portugal, en pleine région de la Beira Alta, la circonscription de Sernancelhe se situe dans le district de Viseu, dont elle appartient administrativement.

Traversé par le fleuve Távora, dans le sens sud-nord, et qui s’écoule en direction du Douro, Sernancelhe fait trontière avec les circonsciptions de Trancoso, Penedono, Aguiar da Beira, Moimenta da Beira, Vila Nova de Paiva, Sátão et São João da Pesqueira.

LA CIRCONSCRIPTION, LES ORIGINES, L’HISTOIRE

Vue générale sur la commune de Faia, l’une des communes riveraines

Sernancelhe est riche en histoire, patrimoine et tradition. Sernancelhe est le pays natal du célèbre écrivain portugais Aquilino Ribeiro, du Sanctuaire de Notre Dame de Lapa et de la châtaigne. Sernancelhe est également caractérisé par son territoire dense et montagneux où au bout de l’horizon on aperçoit la vallée du Marão et la Serra da Estrela.   

Au fond de la vallée, le fleuve Távora domine le paysage, serpente et parcourt rapidement le vallon, en direction du Douro.

Béni par la nature, Sernancelhe est connu pour être le “Pays de la Châtaigne”.  Au cours des siècles, les châtaigniers se sont inscrits dans le paysage qui définit les villages et les versants de Sernancelhe. Possédant une beauté indiscutable, les châtaigneraies multi-centenaires localisées à la Seara ou au pied du versant de Notre Dame au Pied de la Croix, très appréciées pour sa variété dénommée Martaínha, représentent une grande référence au Portugal. C’est au milieu de ces châtaigneraies qu’ont lieu les Raids VTT ainsi que les parcours pédestres, comme si l’on suivait les pas des pèlerins qui revenaient de Saint Jacques de Compostelle et arrivaient à Sernancelhe après avoir traversé les localités de Ponte do Abade caractérisé par ses auberges et Mosteiro da Ribeira.

Presque neuf siècles d’histoire définissent Sernancelhe comme étant l’une des plus anciennes circonscriptions du pays. L’église romane du XIIème siècle, située à Sernancelhe, caractérisée par sa voûte en berceau, exhibant deux groupes sculpturals inscrits dans des niches où est mis en evidence l’Apôtre Saint Jacques,  est l’exemple de ce passé prestigieux. Pays de foi et de bergers, c’est à Sernancelhe qu’est né l’un des plus grands écrivains portugais du XXème siècle nommé Aquilino Ribeiro, auteur du livre “Route de Santiago” ainsi que de la plus belle odyssée littéraire dédiée à la région de la Beira et plus précisément aux Terres du Démon.

À presque mille mètres d’altitude, le Sanctuaire de Notre Dame de Lapa, l’un des plus anciens de la Péninsule Ibérique, garde l’une des plus belles pages de diffusion du culte au Portugal et dans le monde, et a joué un rôle important concernant l’évangélisation des nations lors de la période des Grandes Découvertes.

Sernancelhe tient également une place dans l’histoire du Portugal. Une histoire vécue par les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle qui, dans le fleuve Távora, trouvaient la fraîcheur qui leur permettait de poursuivre leur chemin; l’ombre et la magnificence des châtaigniers leur transmettaient la vigueur de la nature. La beauté ainsi que l’exemple inspirateur de l’apôtre Saint Jacques, sculpté sur la façade de l’eglise de Sernancelhe, leur donnait la motivation pour terminer leur pèlerinage de foi et de vie.

PREMIÈRE CHARTE EN 1124, AVANT LA FONDATION DU PORTUGAL

Sernancelhe a reçu sa première charte le 26 octobre 1124, document confirmé par le roi D. Alphonse II en 1220. En 1514, le roi D. Manuel a octroyé une nouvelle charte à Sernancelhe, localité qui a connu tout au long de son histoire diverses altérations administratives provoquant ainsi un profond changement concernant l’organisation de la circonscription. Les communes de Fonte Arcada, Lapa, Vila da Ponte et Sernancelhe ont obtenu le statut de ville où juge, greffier, officier public et sergent-major ont exercé leurs fonctions.   Sancha Vermuiz a octroyé une charte à Fonte Arcada en 1193. Fonte Arcada était le siège d’une circonscription constituée de six communes mais elle a été dissoute en 1855. Cette localité exhibe une diversité patrimoniale enviable ainsi que de nombreux édifices d’origine noble qui attestent l’importance administrative de cette époque.

Lapa, qui est aujourd’hui le troisième sanctuaire marial du pays, a également joué le rôle d’une circonscription à partir du 18 juin 1740. La circonscription de Lapa a existé pendant plus d’un siècle mais elle a également été dissoute en 1885.

LE SANCTUAIRE DE NOTRE DAME DE LAPA

Vila da Ponte est une autre localité appartenant à la circonscription de Sernancelhe qui a obtenu le statut de ville en 1661 par le roi D. Alphonse VI. La Place, où se dressent le pilori et l’ancienne Mairie représentent aujourd’hui les témoins de cette période d’une grande influence locale et régionale.

Ce n’est qu’en 1896 que la circonscription de Sernancelhe a été constituée telle que nous la connaissons actuellement, avec ses 13 communes et une superfície de 220 kilomètres carrés.

Le dynamisme que Sernancelhe a démontré au fil des siècles est essentiellement dû à sa localisation. L’harmonie entre les monts et le fleuve, entre la vallée et la montagne, a été déterminante pour que Sernancelhe évolue sans cesse.

Le XXème siècle est indubitablement associé à l’auteur Aquilino Ribeiro, natif de la commune de Carregal, circonscription de Sernancelhe, où il est né le 13 septembre 1885. À 10 ans, il vit avec ses parents dans la petite ville de Soutosa, Moimenta da Beira, où il fréquente l’enseignement primaire. Il poursuit son parcours de jeune collégien à Lamego et viseu où il fréquente le séminaire, qu’il finit par abandonner par manque de vocation. En 1906, il vit à Lisbonne et en pleine période d’agitation républicaine, il commence à écrire ses premiers articles de journaux. En 1907, à la suite de l’explosion d’une bombe, il est mis en prison. Mais il parvient à s’évader et entre 1908 et 1914, il vit entre Paris et Berlin. En 1914, la Première Guerre Mondiale l’oblige à repartir au Portugal.

En 1918, il publie son premier roman : La voie Sinueuse  qu’il dédie à la mémoire de son père, Joaquim Francisco Ribeiro. L’écrivain Raul Proença, l’invite en 1919 à travailler en tant que bibliothécaire à la Bibliothèque Nationale de Lisbonne . C’est à cette période qu’il écrit incessamment: Les Terres du Démon (1919), Le Roman de la Renarde (1924), La Bataille sans fin (1931) et bien d’autres titres. Il participe à de nombreux mouvements révolutionnaires contre la dictature militaire à Porto et Viseu, qui l’obligent à s’exhiler, deux fois, à Paris (1927 et 1928) où il se marie une deuxième fois (sa première femme étant décédé). À partir de 1935, sa production littéraire devient plus féconde: wolfram (1944), L’Archange Noir, O Malhadinhas (1949), La Grande Maison de Ramarigães (1957), Quand hurlent les Loups (1958), ce dernier ayant été interdit par la censure et a été un prétexte pour que le tribunal ouvre un procès conte l’auteur. Entre temps, il voyage au Brésil, Londres et Paris. En 1953, durant les commémorations du 50ème anniversaire de son premier livre, promu par la Société Portugaise des Écrivains, présidée par Ferreira de Castro, il tombe malade et décède à 78 ans, le 27 mai 1963 à Lisbonne.

En effet, Aquilino Ribeiro est considéré comme l’un des romanciers les plus féconds de la première moitié du XXème siècle. Son style littéraire est caractérisé par une excpetionnelle richesse lexicologique et par l’utilisation de constructions phrasiques d’origine populaire, pleine de régionalisme.

En dépit du fait que Aquilino Ribeiro ait adopté un style littéraire traditionnel, il a cherché, tout au long de sa vie, à diversifier les thèmes de ses oeuvres, ce qui est difficile de systématiser leur thématique. Dans ses romans, Aquilino Ribeiro décrit avec une profonde imagination, des scènes de sa vie et du quotidien des villages des Terres du Demon telles que la convivialité entre les villageois, l’éducation assurée par les prêtres, les conspirations politiques, les évasions rocambolesques ainsi que les les exhiles. Jusqu’en 1932, année où il s’installe à Cruz Quebrada, tous les décors, contextes et personnages que Aquilino invente renvoient à sa région natale la Beira.

O Malhadinhas, Andam faunos pelos Bosques et Terras do Demo constituent les exemples les plus célèbres de la littérature renvoyant aux origines de l’auteur. En effet, le lecteur se voit, avec une extrème facilité, mêlé aux personnages, guidés par leurs traditions et leur façon typique de s’exprimer. Son parcours exceptionnel lui a permis de faire partie de la liste des candidats au Prix Nobel de la Littérature, en 1960, distinction qu’il n’a pas obtenue.

Cependant, en 2007, l’Assemblée de la République a décidé de rendre hommage à sa mémoire et de lui accorder les honneurs du Panthéon National. La translation de sa dépouille a eu lieu le 19 septembre 2007. Aquilino Ribeiro est ainsi la dixième personnalité qui est entré au Panthéon National.

En ce qui concerne la vie et l’oeuvre de l’Illustre Aquilino Ribeiro, la Municipalité de Sernancelhe a contribué, ces dix dernières années, à la divulgation de divers auteurs qui se sont intéressés à l’extraordinaire production littéraire de ce grand écrivain. Sernancelhe, est d’ailleurs la seule municipalité du pays qui édite une revue littéraire consacrée à un auteur, dans ce cas précis  à Aquilino Ribeiro.

Le Couvent de Notre-Dame de Assunção, situé dans la commune de Carregal, a été un lieu d’inspiration pour Aquilino

Pour toutes ces raisons, Aquilino Ribeiro, un illustre natif de Sernancelhe, une personnalité primordiale de l’histoire et de la culture portugaises, mérite d’être évoqué en permanence. La maison où il est né, les mémoires de son enfance, les sources d’inspiration de ses oeuvres, les visages rudes et les tempéraments amères des populations des “Terres du Demon” telles qu’il les a décrits dans ses livres,   sont toujours vivants, avec la même vigueur et la même grandiosité patrimoniale afin qu’ils soient les témoins de notre identité.

 

 

 

 

Xávega la pêche traditionnelle du Portugal

La Xávega  est une pêche artisanale à la senne et son équipement est composé d’une longue corde à flotteurs, ayant dans sa moitié de longueur un filet conique (xalavar). Autrefois, la traction du filet était faite à l’aide de bœufs et la force des bras, actuellement, deux tracteurs, remplace les bœufs traditionnels.

Le xalavar est placé dans la mer, loin de la côte par un bateau, qui déroule la moitié du câble, l’une des extrémités de celui-ci étant attaché à l’un des deux tracteurs. Les pêcheurs entourent les bancs de poissons en haute mer et retournent à la plage en déroulant l’autre moitié de la corde afin que sa fin soit roulée jusqu’au deuxième tracteur.

Pêcheurs Praia de Mira

Publié par Portugal Francophone sur lundi 30 mai 2016

La Xávega se termine avec la traction jusqu’à terre de l’ouverture du xalavar (filet de forme conique) qui contient la pêche.

Ce type de pêche était pratiqué sur plusieurs plages le long de la côte portugaise, dont certaines, comme Nazaré, Torreira , Vagueira , Praia de Mira , Vieira , Pedrógão , Praia da Saúde et Fonte da Carrelage sur la Costa da Caparica .

La traction du xalavar à la force des animaux et la force des bras, a disparu dans les années 1970. Actuellement au Portugal la xávega est effectué par des moyens mécaniques.

Etymologiquement, le mot xávega vient de l’arabe xábaka , qui signifie filet. Le mot Xávega a été utilisée par les pêcheurs du sud du Portugal. Sur la côte centrale et septentrionale, un type de pêche similaire était pratiqué, mais avec de nombreuses différences, à savoir: bateaux de forme et de taille différente (croissant de lune), avec leurs arcs beaucoup plus hauts pour mieux résister aux vagues. Ils ont une capacité de transport beaucoup plus grande que les bateaux du sud.

Initialement, le terme xávega n’était utilisé que par les pêcheurs du sud, à savoir ceux de la côte de l’Algarve et autant pour définir le filet que le bateau lui-même. Sur le littoral central et septentrional, le terme par lequel ce type de pêche était dénommé était simplement  » as artes » ou  » as campanhas das artes « . En matière de législation et parce que les lois quand elles sont faites sont pour tout le pays, il à été appelé (injustement) xávega à tout type de pêche impliquant le chalut dans lequel les filets sont tractés vers la plage.

La pêche au moyen d’un engin enveloppant, qui comprend la pêche à Arte-Xávega, est réglementée par l’ordonnance 1102-F / 2000 du 22 novembre modifiée par la Portaria 244/2005 du 8 mars.

La Xávega est définie par les moyens qui la caractérisent (filets, bateaux, etc.) et non par la méthode de traction utilisée dans le transport, qui était initialement faite par des bœufs joints, puis elle a été faite à la main à l’aide de treuil et de tracteurs

les invendus sont rejeté sur la plage pour le plus grand bonheur des mouettes …

L’Art Xávega est une tradition qui, d’année en année, se perd sur certaines plages du pays, à Praia de Mira on peut encore voir chaque jour cette pêche magnifique.

Quelque liens …

de beaux reportages anciens sur youtube :

Document de l’ina https://www.ina.fr/video/CAC95037908

Voici une étude complète en portugais  sur l’Art Xávega par Maria João Marques
http://www.academia.edu/2041059/Arte_xávega

sources de cet article : https://pt.wikipedia.org/wiki/Xávega

Voici une petite vidéo de mon amis João José Clemente dit « Zé Rascunho »

Praia de Mira…O Barco a Arribar… "Barco do Nelson Monteiro"…

Publié par João José Clemente sur samedi 28 octobre 2017

Vidéos en vrac : https://www.youtube.com/results?search_query=arte+x%C3%A1vega